mardi 18 septembre 2007

J?? : extrapolations...

Bon, je me relâche... en fait, je sais que je vais avoir plus de temps pour tester, personne ne revendiquant l'objet pour le moment, donc je me presse moins d'écrire mes impressions... et je cesse de compter les jours !

En revanche, grâce à ce blog, je découvre des tas d'initiatives qui m'avaient échappé jusqu'alors : j'aborde le sujet du livre électronique en dilettante, et pour mon plaisir personnel. Par exemple, via le blog de Feedbooks, j'apprends qu'Editis a tourné un court métrage "Possible... ou probable", qui propose des pistes de mise en situation concrète du livre électronique.

Avant d'aller regarder le film (je n'y résisterai sans doute pas longtemps), je vais d'abord livrer mes "élucubrations personnelles" sur le sujet, issues d'une simple conversation avec mon conjoint. Je prendrai ultérieurement le temps d'approfondir la réflexion, et de réagir à celles des autres, qui s'annoncent passionnantes.

Mes réflexions personnelles sont notamment axées sur deux aspects :

  • la simplicité d'usage, parce que le temps n'est pas extensible, et que les technologies selon moi doivent désormais "apprendre l'humain" et pas l'inverse, pour nous offrir une "expérience utilisateur" pratique et immédiate, ne nécessitant aucun apprentissage ;
  • le nomadisme, parce que je suis nomade, et que comme tout le monde je pense, j'ai envie d'utiliser intelligemment mes temps de transport plutôt que de les perdre.
A l'intersection, il y a pour moi dans le livre électronique un intérêt majeur à pouvoir charger en instantané et quasiment n'importe où le contenu que je souhaite consulter. Parmi les scénarios qui me viennent spontanément à l'esprit, je pense que le ePaper changera notamment notre consommation de la presse.

Je dois signaler au préalable que je m'éloigne ici de mon test de l'iLiad pour me projeter dans ce que seront les terminaux de demain. Le livre électronique m'apparaît en effet comme inéluctable. Je ne sais pas exactement quelle sera la forme du terminal, mais je crois que nous en aurons tous un dans la poche, comme nous avons aujourd'hui des téléphones mobiles, ou des lecteurs mp3. Il faudra pour cela réunir au moins trois conditions :
  • un terminal de faible encombrement et peu fragile, avec une surface d'écran suffisante pour une lecture confortable (qui a vraiment envie de lire des livres sur l'écran de son Palm Pilot ou de son téléphone mobile ?) de contenus différents (livres, presse, documents professionnels)
  • un prix abordable pour tous les publics
  • un nombre réduit de "standards" de publication, permettant idéalement de télécharger tout contenu textuel sur l'objet, sans avoir à se soucier de compatibilité ou de traitement préalable du document (je veux pouvoir consommer tout de suite sans me poser de question).
Une fois ces trois conditions réunies, on a bien sûr envie de pouvoir accéder en tout temps et en tout lieu à la quasi intégralité des contenus disponibles. Il faudra pour cela s'appuyer sur les "réseaux pervasifs", selon le beau vocabulaire promu par Rafi Haladjian, WiFi, 3G mobile, ou autres. Il faudra encore un peu de patience, mais on y vient progressivement.

Mais revenons à mon premier scénario d'usage, très simple en fait, et qui transpose une pratique quotidienne pour beaucoup d'entre nous : passer par le kiosque presse avant de prendre les transports urbains, ou se contenter d'attraper le journal gratuit mis à notre disposition à l'entrée du métro. Avec l'avènement du livre électronique, on peut imaginer qu'au moment où j'entre dans l'espace du transport urbain (ça peut commencer sous l'abribus comme au portillon du métro), je téléchargerai automatiquement et instantanément ma presse du jour. Par défaut, les gratuits disponibles dans la station, ou bien, si j'ai pris la peine de faire un choix, voire de m'abonner à mon journal payant préféré, uniquement ma sélection de quotidiens ou magazines. Il ne me restera plus qu'à trouver une place assise pour consulter confortablement les titres et les articles qui m'intéressent.

Et comme la presse est un support de réflexion et de travail, je pourrai très simplement annoter, transférer et partager mes lectures du jour avec mes collaborateurs professionnels, les amis qui partagent mes centres d'intérêts, voire les lecteurs de mon blog à qui je signalerai les articles méritant lecture, réflexion et commentaire.

Par extrapolation, je me suis demandée ce qu'allaient devenir le kiosque à journaux, le Relais de gare ou d'aéroport... et mon libraire préféré.
Sans entrer dans une réflexion approfondie sur la filière de l'édition, j'entrevois en première approche un certain nombre de fonctions qui restent essentielles dans la distribution, car elles organisent la découverte du lecteur, et partant, structurent en partie ses envies de lecture :
  • l'affichage, la présentation
  • le conseil et la sélection
  • et pour les librairies en particulier, le classement des ouvrages et la constitution de ce qu'on appelle "le fond de librairie".
La manière de choisir ce que l'on lit est en effet une question fondamentale. Voir la une des titres de presse, ou flâner entre les tables du libraire sont des activités auxquelles je ne renoncerais pour rien au monde, et je pense ne pas être la seule. Il me semble que ces fonctions pourraient subsister. Rien n'interdit de continuer à fréquenter ces lieux, pour pouvoir y choisir ses lectures, et la forme sous laquelle on souhaite la consommer : je peux décider que pour tel magazine d'actualité que j'achète en fonction du contenu du numéro, je préfère la version électronique téléchargeable au kiosque, mais que pour une revue d'art, je préfère le beau papier et le grand format des photos en double page. De même pour les livres. J'ai en effet l'impression que, comme pour tous les médias, les supports ne se remplacent pas, ils se superposent. Et je crois que le papier ne fera pas exception, par ses qualités propres et celles des objets qu'il permet de fabriquer.

Restera la question cruciale de la fragmentation des pratiques, équivalente à la fragmentation des audiences des médias de masse telle qu'elle apparaît aujourd'hui avec le développement d'Internet, qui posent le problème de la viabilité économique des différentes filières de distribution des contenus. Mais ceci est une vraie réflexion à mener, très au-delà de mes rêveries de lectrice nomade...

1 commentaire:

guillaume a dit…

bonsoir, si entre deux rêveries nomades vous souhaitez approfondir la question passionnante de la "chaîne du livre numérique", je vous conseille cette étude sur l'élaboration d'un modèle économique pour europeana (ça fait sûrement moins rêver que le film d'editis, mais bon au moins c'est plus concret), à télécharger dans votre iliad...