jeudi 27 septembre 2007

Formats et usages potentiels des eBooks

Bon, plus de livrel pour le moment... Mais ça ne m'empêche pas de continuer à gamberger.

Je vais poursuivre sur la question des formats et des DRM, que j'ai déjà commencé à explorer, et surtout des usages, sur le mode très "égocentrique" : est-ce que ça vaut la peine que j'achète un lecteur, si oui lequel, et pour en faire quoi ? Pour un particulier, ça reste encore un investissement, et ça mérite donc quelques investigations préalables...

Je reprends la balle au bond sur l'intéressant papier de FeedBooks : DRM et standards.
Clairement, la question du standard (ou d'un nombre réduit de standards) est incontournable , même si les premiers lecteurs semblent proposer la lecture de différents formats. Bien évidemment, pas question d'acheter un livre sans être certaine que je pourrai encore le lire dans un an, cinq ans, dix ans. Et je ne suis pas la seule certainement.
Pour le moment, seuls les livres du domaine public peuvent faire cette promesse, parce que le txt ou le pdf, a priori, seront pérennes, notamment parce que ce sont des formats d'échange déjà très répandus. Pour les formats propriétaires, et a fortiori ceux sous DRM, c'est une autre histoire, l'expérience de la musique nous en donne régulièrement de croustillants exemples. Dans l'actualité, j'imagine que les clients de Virgin Digital à qui l'on annonce que le service ferme le 19 octobre, et qu'après, ils ne pourront plus lire la musique qu'ils ont payée doivent avoir la rage ! Certes, on leur explique comment la graver sur un CD (et donc en "craquant" le DRM, comique non ?), mais on n'a pas forcément que ça à faire, d'autant que, selon Doom9, ça dégrade la qualité sonore.

Ensuite, les livres, ça se prête (même si les vrais amoureux des livres répugnent à le faire, après des expériences douloureuses de livres jamais rendus, perdus, ou restitués en piteux état). Avec les DRM, on ne prêtera plus rien. Et on ne pourra plus faire don des livres qu'on veut évacuer de sa bibliothèque à Emmaüs ou n'importe quel autre organisme. Dommage.

Jusque là, je suis donc plutôt sur le même raisonnement qu'Hadrien Gardeur.

Là où je suis moins d'accord, c'est sur le souhait éventuel de transcoder toute sa bibliothèque en numérique. Je ne vois pas l'intérêt. Pour la musique la question est d'importance, car on réécoute des centaines de fois le même morceau, et on a envie de le mettre sur son baladeur pour l'emporter avec soi, tout en continuant à l'écouter sur sa chaîne HiFi. Mais un livre, un roman par exemple, on le relit rarement plus de 2 ou 3 fois, et encore, pour ceux qu'on a vraiment aimés, ou lorsqu'on travaille sur un thème ou un auteur. Et ma bibliothèque, je ne vais pas la jeter sous prétexte que j'achète un livrel. Donc si j'ai envie de relire un de mes livres, je reprendrai l'exemplaire sur mon étagère. D'autant plus que je ne vois pas au nom de quoi je devrais m'interdire de retrouver, plus ou moins régulièrement, le plaisir du papier. Pour le moment, j'ai la conviction qu'il y aura superposition des usages, et non substitution. Il faut attendre de voir comment la jeune génération va s'approprier le livre électronique (ou pas), pour faire des pronostics un peu avisés sur le sujet. Mais ceux qui, comme moi, aiment les livres aussi en tant qu'objets, et depuis leur plus tendre enfance, n'en feront pas le deuil.

Après, il y a la question des ouvrages pratiques, comme mes livres de cuisine bourrés de marques-pages, et d'annotations personnelles sur la manière de réussir la recette. Pour le moment, je note au fil du temps mes recettes préférées sur un blog, avec mes variantes personnelles, pour les partager plus facilement avec mes amis, cesser de me demander dans quel bouquin était cette géniale recette d'ossobuco, poser des liens vers les recettes d'autres blogs ou sites qui me plaisent, ou encore utiliser le moteur de recherche pour me remémorer comment accommoder le lapin. Le seul truc casse-pieds, c'est que je fais la navette entre l'ordi et la cuisine pendant la préparation. Donc il faudra que je trouve le moyen de backuper mon blog sur le livrel, nettement plus facile à poser sur la table de la cuisine que mon PC, même portable... ou à emporter avec moi pour savoir au pied levé dans le supermarché ce qu'il faut acheter pour refaire cette fameuse salade composée... Hum, un nouvel usage à explorer, différent de la lecture des fils RSS, car il s'agit ici non d'une actualité jetable, mais d'un fonds pérenne qui s'enrichit au fil du temps, et qu'on a besoin de conserver dans son intégralité, avec son organisation et ses outils de recherche. Quant aux nouveaux livres de cuisine que j'achèterai (car la richesse de l'offre de recettes disponibles sur le web ne m'empêche pas de continuer à acheter des livres de cuisine), pour sûr, j'aurai envie d'en avoir une version électronique... à condition d'avoir un écran couleur pour les photos qui font saliver, et qu'un outil de recherche sur le livrel me permette de rechercher "comment accommoder le lapin" dans tous les livres de cuisine stockés sur mon livrel... et uniquement les livres de cuisine (dans ce contexte d'usage, ça ne m'intéresse pas du tout de retrouver les livres de Balzac ou Flaubert qui mentionnent le mot "lapin"). Bon, pas encore pour demain !

Je finirai sur les livres plus techniques, genre mon manuel de retouche photo sous Photoshop, ou mes livres sur le codage HTML, CSS, Javascript et autres plaisirs. Ceux-là aussi sont bourrés de post-its et d'annotations. Et je finis régulièrement par recopier dans un doc word les éléments dont je me sers le plus souvent (où les manipulations sur lesquelles j'ai le plus souffert pour trouver la bonne solution), pour y injecter mes notes et astuces perso, des articles recopiés du web, et des liens vers des sites ou des forums qui me permettent de rester "up to date". Alors certes, pour ce type d'ouvrage, la mise à jour offerte par l'éditeur pour mon livrel, évoquée par Hadrien Gardeur, m'intéresse. Mais ce qui m'intéresse le plus, au final, c'est ma compilation personnelle, avec la capacité de retrouver très facilement l'information, via les outils de recherche de mon traitement de texte, mais aussi parce que c'est moi qui l'ait structurée, selon ma propre logique de fonctionnement. A quand le livre "mash-up" sur son livrel ?

Bon, je me suis bien égarée... Tant pis, trop tard pour remettre de la rigueur dans tout ce raisonnement. Et quitte à être complètement désordre, je veux juste terminer par un mot sur le billet d'Aldus à propos du CyBook de Bookeen. Ce qu'il en dit confirme mon intérêt prononcé pour ce lecteur là (même si je n'ai pas de grand cabas vernis ,-) . Mais je m'interroge sur le bien fondé de me précipiter sur les premiers exemplaires pour satisfaire mon impatience... ou d'attendre une V2 plus aboutie. Entre autres, c'est quoi cette histoire d'amélioration du bouton ? C'est déjà pour le moment l'élément qui suscite le plus de réserve de ma part : je me demande ce que ça donne en terme de "sensation" pour tourner les pages, notamment en comparaison de l'iLiad, dont vraiment j'ai adoré la barre latérale de défilement des pages. Très agréable à utiliser, elle confère au geste tout à la fois une sorte de naturel, une réminiscence du geste qu'on a avec un livre papier, et une spécificité qui différencie ce reader de tout autre type de lecteur "presse bouton" comme mon baladeur MP3, offrant à la lecture électronique un caractère unique. Hum, il faut vraiment que j'arrive à tenir un Bookeen en main, rien d'autre ne pourra me convaincre définitivement que c'est celui-là, et pas un autre, sur lequel je jetterai mon dévolu.

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